Les trois dimensions du tourisme solidaire
La dimension économique
Pour 83% des pays pauvres, le tourisme représente aujourd’hui l’une des principales sources d’exportation. Cependant, ce sont les pays occidentaux qui bénéficient de 80% des recettes touristiques de ces pays, qui eux ne touchent que 3%. Comment expliquer ce phénomène ?
Cela est principalement dû au fait que la plupart des structures d’accueil, où la majorité des touristes se rendent, appartiennent à des grandes chaînes hôtelières occidentales. Ainsi, presque la totalité de la somme d’argent qu’un touriste occidental dépense lors de ses vacances, revient à l’occident, sans que la communauté locale puisse réellement en bénéficier.
La dimension économique du tourisme solidaire et durable a pour objectif de faire bénéficier les populations du sud d’une part conséquente des bénéfices engendrés par le tourisme dans leur propre pays. Cette forme de tourisme vise à aider les petites structures d’hébergement, entièrement gérées par la population locale, à devenir les seules bénéficiaires de ce tourisme, sans que les grandes multinationales n’interviennent.
La dimension socioculturelle
Lorsqu’un touriste part en vacances, ses principes éthiques et moraux peuvent parfois être mis de côté. L’exemple le plus évident est certainement celui du tourisme sexuel dans des pays tels que la Thaïlande ou le Sénégal. Ceci s’avère être un véritable fléau, causé par des gens sans scrupules qui provoquent des effets néfastes sur des populations entières.
Mais la prostitution enfantine n’est pas le seul aspect négatif de ce tourisme "superficiel". L’arrivée de touristes riches provenant de pays occidentaux peut bouleverser les valeurs des sociétés les plus pauvres, puisque les jeunes qui sont souvent très attirés par ce niveau de vie élevé tendent à abandonner leurs propres valeurs traditionnelles pour s’adonner aux modèles et comportements occidentaux. Ceci peu provoquer un changement profond du système de valeurs de la communauté en question, et peut être à l’origine de crises et d’incompréhensions, engendrant de nombreux problèmes tels que la marginalisation et la criminalité.
Ce qui était important ne l’est plus et une nouvelle vision du monde s’impose peu à peu : la logique occidentale de la richesse et de la consommation, qu’il faut atteindre à tout prix.
Le Tourisme solidaire s’engage à ne pas imposer de modèle différent de celui de la culture locale, et à respecter les traditions et les coutumes du lieu. Le touriste solidaire arrive dans un pays avec une attitude de curiosité et d’intérêt, il est attentif aux différences, et se laisse conduire les yeux grands ouverts dans un monde inconnu et charmant sans imposer d’autre modèle.
La dimension environnementale
Le tourisme représente l’un secteurs industriels le plus important au monde, qui, en dépit de toute crise économique, va toujours bon train. D’après les estimations de l’OMT, le secteur touristique a enregistré en 2002 700 millions de voyages internationaux, et enregistrera en 2010 un flux international de 1 Milliard de personnes. Tous ces mouvements ont un effet très négatif sur les destinations touristiques. Le tourisme de masse est la cause de désertification, déforestation, destruction d’environnements naturels, pollution, émission de gaz polluants, destruction de la barrière de corail, disparition de nombreuses espèces animales etc. Il est donc impératif de défendre la durabilité environnementale en organisant des voyages où le touriste se trouve être plus vigilants et respectueux envers la nature, sans gaspiller les ressources naturelles telles que l’eau, et sans générer d’impact négatif. Le tourisme de masse risque d’épuiser toute la beauté et la richesse de notre planète et la seule solution possible serait de développer un tourisme qui respecte les principes du développement durable : sensibilité envers les problèmes environnementaux et volonté de préserver l’équilibre naturel de la planète, pour faire en sorte que même nos enfants et les enfants de nos enfants pourront un jour en bénéficier.